vendredi 17 septembre 2010

Vernissage de Self Fiction





Première projet du programme de la saison Arts Visuels "Manifeste pour des villes invisibles", Self Fiction vous invite à découvrir Dubaï avec un autre regard, celui de Christian Barani.
Vous avez été nombreux à composer votre Self Fiction, à déambuler entre les 10 points de diffusion, à prendre le temps de vous imprégner des deux heures du (des) film(s) produit par Khiasma, à échanger vos impressions autour d'un verre, en présence du vidéaste.


lundi 13 septembre 2010

Clôture de la résidence Locavores d'Émilie Notéris

Clôture de la résidence d'Émilie Notéris sur les Locavores, ces personnes qui s'engagent à manger local. Autour d'un repas 100% AMAP, on a parlé écologie et nature en ville avec Nathalie Blanc, culture en ville et relocalisation de l'économie. C'était aussi l'occasion de découvrir l'ouvrage collectif ALIM., résultat de la résidence, conçue comme un think-thank autour des pratiques locavores (aux éditions IMHO, dir. É. Notéris)


mercredi 7 juillet 2010

Critique de l’œuvre de Fabien Giraud «Straight Edge» par les jeunes du Service Jeunesse des Lilas




Photos prises par Jacky, Amine, Sofiane, Mick, et Abdel

Le 29 juin 2010, l’espace Khiasma a eu le plaisir de recevoir Sofiane, Jacky, Mick et Abdel directeur adjoint du service jeunesse de la ville des Lilas, pour une visite privée de l’exposition Entropie. Cette initiative fût l’occasion d’une première rencontre entre Khiasma, les jeunes et l’équipe du service jeunesse. Âgés de 12 à 13 ans, ils ont été a la rencontre des œuvres de l’exposition Entropie qui a eu lieu du 2 juin au 2 juillet 2010 et ont proposé leur propre lecture de l’œuvre de Fabien Giraud « Straight Edge». Cette expérience menée avec le service jeunesse a pour objectif d’initier les jeunes de la ville, en dehors du temps scolaire, aux enjeux de l’art contemporain et aux questions de société qui traversent l'activité de Khiasma. Il s'agit progressivement de construire un rapport critique aux œuvres d'art qui les engage à mettre en forme leurs ressentis face à des images et des objets qui peuvent les toucher, les étonner et parfois les déstabiliser. Leurs commentaires seront régulièrement publiés sur le blog de Khiasma.

Jacky :
Un fond noir et des lumières, street wear, des rockers, ils ont l’air de fou. La couleur des vêtements qui se reflète dans la lumière, ils sont différents. Ca me paraît étrange car ils font semblant de se battre. Les gens se relâche et font semblant de se battre entre amis. Pour s’amuser et pour montrer ce que font les gens dans les concerts punk. C’est mieux de faire un film car en photo on comprendrait rien.

Sofiane :
Le film s’adresse à eux-mêmes (2) et les autres. Ça se passe dans un studio de rocker ! C’est bizarre leur bagarre. Ils se battent pour qu’ils restent zen et s’amuser. L’artiste a fait ce film pour s’amuser et pour nous (3)

Mick :
Le décor est un fond noir et des lumières sombres. Les personnes dans le film ont l’air de fou ! Ça représente quelque chose d’étrange la façon dont il se comporte. Ils imitent une bagarre. Comme c’est un film c’est bien on peut voir les mouvements des gens qui sautent partout.

Fabien Giraud THE STRAIGHT EDGE (Vidéo/Durée 13'8"/2005/Production: le Fresnoy)
Courtesy Le Fresnoy, studio national des arts contemporains


(1) Le straight edge est une mouvance minoritaire issue du mouvement punk où les adeptes s'engagent personnellement à suivre un style de vie visant à conserver une clarté d'esprit. Souvent abrégé en xXx, provient de la chanson Straight Edge de 1981 du groupe « hardcore Minor Threat ». Source Wikipédia
(2) Sofiane parle des protagonistes du film ou des habitués de ce genre de pratique : « le Straight Edge »
(3) Sofiane parle du public en général.

mercredi 30 juin 2010

La Kabane épisode 1



Dans un dernier effort après une saison bien chargée, Khiasma a investi pour la première fois le quartier des Fougères les samedi 26 et 27 juin.
Coincé entre les Maréchaux et le Périphérique, ce quartier est l'un des espaces où se déploiera la plate-forme de projet Mythologies que Khiasma développe pendant trois ans autour des mutations urbaines et du mythe du Grand Paris. Ou comment à partir du principe actif de la fiction se construisent de nouveaux territoires et de nouvelles manières de les habiter. Cette plate-forme a pour vocation d'accueillir de multiples interventions de formats et de contenus variés. Jean-Pierre Ostende, écrivain en résidence à Khiasma, y creuse actuellement l'idée du jumelage de deux quartiers HLM. Studio 21bis, duo d'artistes plasticiens, a dirigé la construction d'une cabane en carton au cœur du square Léon Frapié. Appuyée par une main d'œuvre locale, nombreuse, jeune et motivée, la construction de cette cabane en carton de récupération s'est étalée sur toute la journée du samedi 26 juin. Au soir, elle était prête à recevoir son contenu et des visiteurs pour la fête du quartier le 27 juin... (à suivre)

mardi 22 juin 2010

On prépare la fête de quartier des Fougères !


Permanence devant le local du 3 rue de Noisy-le-Sec, où est stocké le carton amené par les habitants... Luce est là pour parler aux passants du week-end à venir, avec comme point d'orgue la fête de quartier des Fougères au Square Léon Frapié dimanche. D'ici là, les artistes/constructeurs du Studio 21bis, aidés par les habitants, auront érigé une étrange construction éphémère...

Le post annonçant le projet de l'archipel des Fougères et des Sentes-Avenir


Les Locavores à l'école


L'installation de culture individuelle de la résidence Locavores d'Emilie Notéris est désormais installée à l'école primaire Romain Rolland des Lilas. Les élèves pourront observer la pousse des graines et des herbes aromatiques, jusqu'à la dégustation/rencontre prévue la semaine prochaine...




Retrouvez, sur le site de Khiasma :
- la résidence Locavores
- l'entretien d'Emilie Notéris avec Olivier Marboeuf
- un résumé vidéo de l'intervention de Nathalie Blanc

Check Poto ! (suite)




Le 12 Mars dernier, nous projetions à l'espace Khiasma Check Poto !, le premier film de Julia Varga, réalisé en résidence aux Laboratoires d'Aubervilliers.

Après un parcours de plasticienne, Julia Varga investissait avec ce film le champ du documentaire avec une plongée au cœur d'un lieu d'écoute et de soin réservé aux jeunes de 11 à 17 ans à Aubervilliers. De cette année passée à poser en silence sa caméra dans l'intimité des adolescents, elle tirait un portrait aussi touchant que cinglant sur une jeunesse à la dérive, fragile et lucide à la fois. Le ton est direct, la parole tantôt crue, tantôt faussement détachée, les mots et les regards fuient. Ça parle toute le temps mais pas toujours de quelque chose. Il faut guetter pour entendre l'aveu, pister une histoire décousue. La réalisatrice laisse le temps au récit d'apparaître ou à l'altercation de dénouer sa trame. Ça dure le temps d'une séance de vernis à ongle voire plus. Ça finit par une porte claquer ou par une chanson.
Les adultes, eux, sont le plus souvent hors-champs, ce qui confère à ce film sa puissance singulière ; celui de la jeunesse comme corps qui envahit le cadre, existe le temps d'une confession, d'une nuit à rattraper sur une banquette, d'un mauvais jeu qui finit par des insultes. Le cadre est restreint, une pièce, des chaises, invariable, mais très vite on oublie l'espace tant se projettent en filigrane toute la société, les familles et leur absence, l'école, la pauvreté mais aussi l'espoir d'une vie meilleure qui éclaire un visage ici ou crispe une mâchoire là.




Invité à intervenir auprès de la classe de M.Tiano au lycée Jean Renoir de Bondy, j'ai invité à mon tour ces élèves de première à découvrir le film lors de sa projection à Khiasma. Nous devions parler en classe de la place de la langue dans la construction sociale, entre stigmatisation, lien communautaire et domination symbolique. Check Poto !, avec ces jeunes au Français découpé à la hache, à l'accent d'un terroir inconnu, fut une parfaite introduction pour un débat vif dans la classe avec Julia Varga, quelques semaines après la projection.
Ces lycéens de Seine-Saint-Denis qui font des études portaient un regard contradictoire sur les autres, "les jeunes des quartiers", ceux qui parlent mal, qui quittent l'école tôt, "qui ne veulent pas faire d'effort". Apparaissait la complexité de l'identité banlieusarde dans des échanges sans concession sur le film, réaliste pour certains, caricatural pour d'autres.

Certains d'entre eux on écrit sur le blog de la classe : vous pouvez les lire ici
Un entretien avec Julia Varga est visible ici

lundi 21 juin 2010

L'Archipel des Fougères et des Sentes-Avenir



La ville se transforme. Le périphérique disparaît. Elle est bien loin la muraille de Chine qui séparait jadis la capitale de l'une des plus célèbres banlieues de France! Nous voilà avec un nouveau territoire, une nouvelle aire de jeu, mais aussi un espace qui pose la question de son avenir. Quel dialogue existe-t-il entre les grues et la ronde des machines, les nouveaux buildings qui sortent du sol toujours plus vite, le tram, un paysage en perpétuel chantier et ceux qui habitent ces territoires bouleversés ou les avoisinent ? Qu'est ce que les habitants inventent ou font bouger pour s'immiscer dans ces changements et y occuper une place active?

L'Espace Khiasma est voisin de la rue Noisy-le-Sec, artère commune aux Lilas et au quartier des Fougères. Cette proximité est à l'origine de "Ici Bientôt" , un projet qui relie ce quartier des Fougères et le quartier des Sentes-Avenir où s'investit Khiasma déjà depuis 2008 (cf Biennale d'Art contemporain ART GRANDEUR NATURE 2008: Christian Vialard et Rob Voerman, Basse continue, Supervisions).

"Ici Bientôt"
s'inscrit dans Mythologies, une plateforme de projets qui visent, à travers le principe du récit, à construire progressivement des situations de vie commune, des moments festifs et des lieux de rendez-vous. A travers un programme d'invitation d'artistes, d'évènements et d'ateliers de pratique artistique avec les habitants, nous posons la question: comment par le récit nous ne faisons pas seulement acte de mémoire mais aussi acte d'invention du réel?
"Ici Bientôt" est aussi le nom d'un journal, écho de ce qui se construit de visible ou d'invisible sur les quartiers.

Et cette carte de l'Archipel ?
Elle vous propose de saisir les premiers contacts, les premières impressions, les premières aventures, les premiers rendez-vous, qui dessinent progressivement une cartographie sensible, partielle et mouvante des expériences partagées et à venir de "Ici Bientôt".
Alors, glissez un oeil sur les Enigmes, Fêtes, Ecritures dans la ville, Images, Lieux ressources, Lieux éphémères, Passagers littéraires et perdez-vous dans la Zone indéfinie de contacts... en cliquant ici.

Notre prochain rendez-vous à venir avant l'été:
Dimanche 27 juin, à l'occasion de la fête du quartier des Fougères, le Studio 21bis, un duo d'artistes - architectes fous d'installations sauvages faites de scotch et de cartons récupérés - , invite les habitants des Fougères à construire la "Kabane" dans le parc Léon Frapié. Cette "Kabane" accueillera une programmation de films, diaporamas photographiques, sons.... réalisés par et avec les habitants des Fougères et diffusés pendant toute la journée du 27.

Le compte à rebours:
J-2:Vendredi 25 à partir de 17h30, nous prendrons l'apéro au local du 3, rue de Noisy-le-Sec, mis à disposition pour le stockage du carton
J-1: Samedi 26, journée de construction dans le parc à partir de 11h
J: Dimanche 27, journée festive au parc Léon Frapié où vous êtes tous conviés!

jeudi 10 juin 2010

ENTROPIE 8 : Partition



vue de l'exposition (© Matthieu Gauchet)

Une exposition de vidéo doit se confronter à un certain nombre de problématiques. Notamment à celle du "parasitage" sonore d'une oeuvre à l'autre. Sauf à considérer, les sons comme les éléments d'une partition. En choisissant les vidéos de l'exposition, j'ai donc imaginé en premier lieu des couplages sonores qui correspondaient à certaines sensations sur lesquelles je voulais travailler ( la relation son organique / son mécanique - électronique, le surgissement sonore, la dématérialisation) Il a fallu ensuite confronter ces idées à l'espace de l'exposition, en abandonner certaines, en reconsidérer d'autres (et proposer enfin des films dans le cadre de projections plutôt que dans l'installation principale) Distribuées sur l'ensemble de l'exposition, ces sonorités confèrent une longueur - une distance de parcours - une profondeur à l'exposition. Entropie est aussi nourrie de l'idée d'une sensibilité à l'expérience urbaine qui nous confronte sens cesse non à des sensations singulières mais à une empilement de perceptions sonores et visuelles, proches et lointaines, dans lesquelles nous isolons, selon notre sensibilité, des motifs précis. En essayant d'éviter le brouhaha, j'ai été sensible à l'idée qu'on pouvait percevoir / apercevoir l'amorce d'une oeuvre à partir d'une autre. Construire des "boîtes" séparées pour chaque film aurait été au fond la solution de facilité mais avec l'inconvénient d'isoler chaque pièce, chaque propos. Penser sur le principe d'une partition globale a permis de garder plus de fluidité à l'exposition, de transmettre la sensation d'un propos global, traversant l'ensemble du parcours.

A la partition sonore est associée une partition lumineuse. On entre par le noir, dans cette idée de grotte comme lieu d'apparition de l'image, lieu de révélation. On finit de nouveau par un espace noir, lieu du rite cette fois-ci, de la danse. Entre les deux se déploie un espace plus claire, plus ouvert, où s'affichent des signes d'urbanité, la ville comme construction sociale, comme "civilisation", c'est-à-dire comme incarnation d'une rationalité qui s'opposerait à la pensée magique. La persistance -secrète- d'un espace de croyance, de magie, dans l'ordre de la société contemporaine est une idée qui m'a toujours beaucoup travaillé, sans doute à cause de ma filiation avec la culture Vaudou.

Exposition Entropie à l'Espace Khiasma - Les Lilas
du 2 juin au 2 juillet
Ouvert du mardi au samedi de 15h à 20h - Entrée Libre

> voir la bande-annonce

mercredi 9 juin 2010

ENTROPIE 7 : La stratégie de la grotte


Image extraite de "Where in the World is Osama Bin Laden ?" de Morgan Spurlock (2008)

La seconde guerre d'Irak est un guerre de l'image, l'image comme preuve -les armes de destruction massive – l'image comme remède, comme médecine à la la blessure par l'image – l'attentat du World Trade Center. L'image insaisissable de l'ennemi, Ben Laden, elle-même enfermée dans une grotte – une chambre noire - dont il faut trouver le chemin pour la révéler. La guerre contre l'obscurantisme, régime sous-exposé des images.